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Texte d’introduction à l’exposition Anne Paulus à l’Atelier Raspail


« Parmi les paysages que j’ai perforés de ma présence, écartant les lianes et les nuages pour mieux voir, il en est peu où je n’ai pas rêvé de me fixer à jamais. »

Jean Tardieu, Madrépores ou l’architecte imaginaire, La part de l’ombre


Lorsque l’œil voit pour la première fois les gravures d’Anne Paulus, il est immédiatement tenté de les renverser pour retrouver le sens du paysage. Comme Georges Pérec, il « aimerait qu’il existe des lieux stables, immobiles, intangibles». Mais, chez Georges Pérec comme chez Anne Paulus, « de tels lieux n’existent pas, et c’est parce qu’ils n’existent pas que l’espace devient question, cesse d’être évidence, cesse d’être incorporé, cesse d’être approprié. (...) L’espace fond comme le sable entre les doigts. Le temps l’emporte et n’en laisse que des lambeaux informes.» (Pérec, Espèces d’espaces)

C’est au spectacle de cette métamorphose que nous invite Anne Paulus : oblitération du paysage, lent travail de l’acide sur la plaque, « taille douce » du graveur. Le paysage se dissout, les zones blanches apparaissent, se disloquent dans « une pluie de détails et des flaques d’intensité » (B. Goetz, La dislocation, Architecture et philosophie,).

A l’issue de ce processus, la représentation des lieux entrevus est une carte au sens abstrait. Dans ses gravures, Anne Paulus présente ses parcours par le biais d’une sorte de poésie géographique : des signes qui peuvent être interprétés comme des cartographies évoquant la sensation des lieux, les hauteurs franchies, les toponymes, les distances parcourues.  Comme les poésies zen, ses gravures fixent l’immédiaté de l’expérience et de la perception de l’espace, comme les haïkus japonais, elles tendent à réveiller un hic et nunc vécu durant le voyage.


« Parfois ce morceau de paysage amené ainsi jusqu’à aujourd’hui se détache si isolé de tout, qu’il flotte incertain dans ma pensée comme une Délos fleurie, sans que je puisse dire de quel pays, de quel temps — peut-être tout simplement de quel rêve — il vient. »
Marcel Proust, Du côté  de chez Swan

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