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Introduction à l’exposition Eric Fasnacht



« Voyageuse! ô cosmopolite! à présent
Désaffectée, rangée, retirée des affaires.
Un peu en retrait de la voie,
Vieille et rose au milieu des miracles du matin,
Avec ta marquise inutile,
Tu étends au soleil des collines ton quai vide...»

L’ancienne Gare de Cahors, Valérie Larbaud, Poésies d’A.O.Barnabooth, 1913

Il y a comme un battement dans  la peinture d’Eric Fasnacht : le battement des volets des stations balnéaires après la saison estivale, sa palette ocre empruntant au sable qui s’engouffre entre les persiennes des villas désertées; mais aussi la pulsation secrète des lieux, cette drogue puissante, bien connue de ceux qui, de Baudelaire à Réda, arpentent la ville en voyageurs ou en flâneurs. Les lieux vibrent en silence sous la palette d’Eric Fasnacht, de cette manière qui offre, à celui-ci qui s’arrête devant ses tableaux, la grâce de recevoir la ville plus subtilement, de la lui révèler, et peut-être, in fine, de lui accorder le don d’une vie plus intense.

«C’est sur les Fondamente Nuove que j’aimais éprouver ce sentiment de l’appareillage. Mais non un appareillage vers la haute mer : plutôt à travers les eaux huileuses de la lagune qui fait de Venise une cité à l’ancre...»

                                                       Julien Gracq, Autour des sept collines, 1988

Mais chez Eric Fasnacht, le vent du grand départ, l’appareillage - celui de Rimbaud - souffle toujours. Les bâtiments - oui, les bâtiments... - vus depuis le quai, tirent sur l’ancre, prêts à la lever. Dans la Maison paquebot, le Port de Strasbourg, Casino, l’Aérodrome, la Gare de Digne, la Jetée...Eric Fasnacht nous donne à rêver de puissants ailleurs, et nous entraîne dans de lointains et magnifiques voyages immobiles. En cela, il accomplit sa mission profonde de peintre.

«Tant bien que mal enfin j’atteins la place de la Concorde. L’espace devient tout à coup maritime. Même par vent presque nul, un souffle d’appareillage s’y fait sentir. Et, contre les colonnes, sous les balustrades où veillent des lions, montent en se balançant des vaisseaux à châteaux du Lorrain, dont tout le bois de coque et de mâts, et les cordes, et les toiles sifflent et craquent, déchirant l’étendard fumeux qui sans cesse se redéploie au-dessus de la ville.»


                                                            Jacques Réda, Les Ruines de Paris, 1977


                                                                                     Charles B., Octobre 2016

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